Ils ont la vie d’un jeune adolescent entre les mains. Mais vont-ils en leur âme et conscience, « sans doute légitime » le condamner à la peine capitale ? Scrutant les pensées, disséquant les réactions de ces douze personnalités hétéroclites, Reginald Rose signe un huis clos oppressant sur fond de préjugés de classes que la mise en scène sobre et trop classique de Charles Tordjman souligne efficacement sans pour autant lui donner toute sa puissance subversive.
Tout est joué d’avance. Rien ne semble devoir infléchir le cours de l’histoire. Les indices, les témoignages, tout concorde. Le jeune adolescent est coupable. Il a tué son père. Certes, il a des circonstances atténuantes. Il a grandi dans un quartier pauvre sous les coups répétés d’un paternel alcoolique. Graine de délinquant, il n’avait pas d’autre choix, son destin était gravé. Le meurtre ancré dans la peau, un jour où l’autre, il devait finir devant un tribunal pour être condamné à mort. Onze des douze jurés claquemurés dans une salle triste aux murs gris, d’un tribunal américain, où seule une étroite baie vitrée laisse entrevoir l’extérieur, en sont convaincus. C’est sans compter l’esprit critique du juré numéro 8 (irritant Bruno Wolkowitch), architecte de profession, qui n’est certes pas persuadé de l’innocence du gamin, mais qui estime que sa vie vaut bien une heure de leur temps.
En cette étouffante après-midi d’été, alors que tous pensaient rentrer chez eux au plus tôt, une voix ébranle les certitudes. Pas le choix, ces douze hommes, enfermés tels des lions en cage, vont s’affronter, exprimer leur ressenti et se libérer des préjugés et des a priori d’hommes blancs vivant dans l’Amérique conservatrice des années 1950. Très vite, on entrevoit la fin heureuse de ces discussions âpres, violentes. D’ailleurs, ce n’est pas dans l’issue des débats que le suspense réside, mais bien dans la manière dont les convictions intimes de chacun vont être profondément mises à mal.
En cette étouffante après-midi d’été, alors que tous pensaient rentrer chez eux au plus tôt, une voix ébranle les certitudes. Pas le choix, ces douze hommes, enfermés tels des lions en cage, vont s’affronter, exprimer leur ressenti et se libérer des préjugés et des a priori d’hommes blancs vivant dans l’Amérique conservatrice des années 1950. Très vite, on entrevoit la fin heureuse de ces discussions âpres, violentes. D’ailleurs, ce n’est pas dans l’issue des débats que le suspense réside, mais bien dans la manière dont les convictions intimes de chacun vont être profondément mises à mal.
Évidemment, le pari de Charles Tordjman de mettre au goût du jour une pièce ancrée dans les « Fifties » américains, magnifiquement rendue célèbre par le film éponyme de Sidney Lumet en 1957, était loin d’être facile. Pourtant, il arrive avec beaucoup de finesse à créer une tension qui met nos nerfs à rudes épreuves. Toutefois, la scénographie écrasante, la mise en scène très statique, la baisse de régime de certains échanges à fleurets mouchetés, due notamment à un resserrement parfois maladroit du texte ciselé de Reginald Rose, laisse le spectateur un peu sur sa faim.
Heureusement dans ce décor rappelant une œuvre d'Edward Hopper, nos douze comédiens, alignés puis tassés sur une banquette, investissent avec fougue et fureur leur personnage. Dépassant leur propre conviction, ils défendent avec brio leur partition et font vibrer en nous ce plaidoyer radical contre la peine de mort. Charmé notamment par la timidité féline de Jeoffrey Bourdenet, la fragile assurance d’Antoine Courtray, la malicieuse interprétation d’Olivier Cruveiller, l’autorité sereine de Pierre Alain Leleu et l’irascibilité sourde de Francis Lombrail, on se laisse finalement emporter par le tourbillon verbal, intense, aiguillonné ingénieusement, viscéralement par ces Douze hommes en colère.
Heureusement dans ce décor rappelant une œuvre d'Edward Hopper, nos douze comédiens, alignés puis tassés sur une banquette, investissent avec fougue et fureur leur personnage. Dépassant leur propre conviction, ils défendent avec brio leur partition et font vibrer en nous ce plaidoyer radical contre la peine de mort. Charmé notamment par la timidité féline de Jeoffrey Bourdenet, la fragile assurance d’Antoine Courtray, la malicieuse interprétation d’Olivier Cruveiller, l’autorité sereine de Pierre Alain Leleu et l’irascibilité sourde de Francis Lombrail, on se laisse finalement emporter par le tourbillon verbal, intense, aiguillonné ingénieusement, viscéralement par ces Douze hommes en colère.
Informations pratiques :
Douze hommes en colère de Reginald Rose
jusqu’au 7 janvier 2018
du mardi au dimanche à 19 h
durée 1h20
Générique :
Adaptation française de Francis Lombrail
Mise en scène Charles Tordjman assisté de Pauline Masson
Avec Jeoffrey Bourdenet, Antoine Courtray, Philippe Crubez, Olivier Cruveiller, Adel Djemaï, Christian Drillaud, Claude Guedj, Roch Leibovici, Pierre Alain Leleu, Francis Lombrail, Pascal Ternisien & Bruno Wolkowitch
Décors de Vincent Tordjman
Lumières de Christian Pinaud
Costumes de Cidalia Da Costa
Musiques de Vicnet
Lieu :
Théâtre Hébertot
78bis, Boulevard des Batignolles
75017 Paris
Réserver :
par téléphone au 01 43 87 23 23
sur le site dédié du théâtre
Comment y aller ?
en métro Ligne 3 Station Villiers, Ligne 2 Station Rome ou Villiers
en bus Ligne 30 Arrêt Rome ou Villiers, Ligne 53 Arrêt Rome Batignolles, Ligne 66 Arrêt Bd des Batignolles
en voiture Parking Villiers /19 avenue Villiers, Parking de l’Europe /Bd des Batignolles
Crédit photo © Laurencine Lot
Douze hommes en colère de Reginald Rose
jusqu’au 7 janvier 2018
du mardi au dimanche à 19 h
durée 1h20
Générique :
Adaptation française de Francis Lombrail
Mise en scène Charles Tordjman assisté de Pauline Masson
Avec Jeoffrey Bourdenet, Antoine Courtray, Philippe Crubez, Olivier Cruveiller, Adel Djemaï, Christian Drillaud, Claude Guedj, Roch Leibovici, Pierre Alain Leleu, Francis Lombrail, Pascal Ternisien & Bruno Wolkowitch
Décors de Vincent Tordjman
Lumières de Christian Pinaud
Costumes de Cidalia Da Costa
Musiques de Vicnet
Lieu :
Théâtre Hébertot
78bis, Boulevard des Batignolles
75017 Paris
Réserver :
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Comment y aller ?
en métro Ligne 3 Station Villiers, Ligne 2 Station Rome ou Villiers
en bus Ligne 30 Arrêt Rome ou Villiers, Ligne 53 Arrêt Rome Batignolles, Ligne 66 Arrêt Bd des Batignolles
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Olivier Frégaville-Gratian d'Amore